"Même mort, Dieter Roth met le bazar à Milan"

 Article du Monde, 4 janvier 2014



Les cendriers fument, le whisky fait les voix rauques. Affalé sur le piano, un jeune barbu chante les volcans d'Islande. Une exposition, vraiment ? Oui, telle que seul Dieter Roth pouvait en rêver, une exposition qui ouvre sur un vrai bar, où se boivent joie et mélancolie en cocktail. Plutôt qu'un sage hommage, un bordel qui n'obéit qu'à une règle : brûler la vie par les deux bouts.
 
Parti en dernier exil près de Reykjavik, le plasticien suisse est décédé en 1998, après ne s'être épargné aucun plaisir. Il laisse en héritage une oeuvre foisonnante et scandaleusement géniale, ode à la vie jusqu'en ses petits riens. Sculptures en chocolat, sucre ou chewing-gum, bocaux remplis de substances non identifiées, souvenirs par milliers… Elle est le cauchemar du conservateur, et résiste à l'exercice de l'exposition de tout son coeur rebelle. Il fallait donc une sacrée audace pour l'évoquer telle qu'elle était, cradingue et vif-argent, gourmande et scato.
 
UNE CATHÉDRALE DE TÔLE
 
Vicente Todoli a cette audace. Ancien directeur de la Tate Modern de Londres, il est riche d'un autre atout lui permettant de relever le défi : une cathédrale de tôle baptisée Hangar Bicocca, dans les faubourgs de Milan. Une ancienne usine de 15 000 m2, devenue centre d'art, et rachetée en 2013...

Lire la suite sur le site du Monde 

Inscription à la newsletter

facebook twitter rss