Séminaire à Toulouse - Littérature et émancipation : l’Autre à l’épreuve de l’engagement

Séminaire à Toulouse
Psychanalyse et littérature

Littérature et émancipation :
l’Autre à l’épreuve de l’engagement


      L’année 1954/55 marque un tournant dans l’enseignement de Lacan. La question du moi et de son statut dans le champ de la psychanalyse l’occupe tout au long de son séminaire (J. Lacan, Le Séminaire, Livre II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse (1954-1955), Paris, Le Seuil, 1978). Plus qu’une simple révision doctrinale, il s’agit pour Lacan d’un retour à Freud pour tenter de sauver l’esprit de la psychanalyse, menacée par des interprétations qui voudraient la réduire à l’adaptation à la réalité. Partant de ce point de vue, il conceptualise la notion du « grand Autre ». Il s’agit d’une altérité qui ne se résorberait pas à la coaptation imaginaire du semblable ; le grand Autre renvoie donc à l’inconscient comme une topique, un lieu d’où « ça nous parle », à notre insu. Bien évidemment on pense au célèbre aphorisme de Rimbaud Je est un autre et à la suite de sa correspondance avec Paul Demeny (Lettre du Voyant, 15 mai 1871), souvent oubliée : « Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs ! » Le A majuscule de Lacan dans Autre fait donc aussi référence à ce qui sous-tend inconsciemment le processus d’énonciation et d’écriture dans l’espace de la créativité littéraire. La question de l’engagement dans sa visée émancipatrice, à l’oeuvre dans le champ de la littérature postcoloniale par exemple, ne peut faire l’impasse sur cette double référence à la notion d’altérité : l’autre comme mon semblable et l’Autre comme le lieu où je suis pris dans le langage.

      Nous tenterons, cette année, d’interroger la notion d’engagement à l’aide de cette altérité radicale : notre rapport à la langue dans ses surdéterminations inconscientes. Nous lirons ensemble des nouvelles de Nadine Gordimer (notamment « Once Upon a Time » issue du recueil Jump and others stories) et d’Alice Munro (« A Turkey Season » issue d’un ouvrage intitulé The Moons of Jupiter ) .

Ce séminaire est le fruit d’une collaboration entre l’association de psychanalyse Savoirs et clinique et le laboratoire de cultures anglo-saxonnes de l’université Jean-Jaurès (responsable Pr Héliane Ventura). Nos séances de travail se tiendront à la maison de la recherche de l’université Jean Jaurès de Toulouse au 12 rue Saint Pantaléon salle F315 au troisième étage de la Maison de la Recherche, le 3ème vendredi de chaque mois de 13h00 à 15h00. La première séance de travail est prévue pour le vendredi 27 septembre 2019.

Entrée libre et gratuite.

Contact : Dr Eric Le Toullec, psychanalyste à Toulouse, président du Collège des Psychanalystes de l’Aleph, enseignant dans l’association Savoirs et clinique qui oeuvre pour la formation permanente du savoir psychanalytique. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.