Présentation de Savoirs et clinique
Geneviève Morel

L’association Savoirs et clinique, fondée en 1999, est née de l’initiative des enseignants de la Section clinique de Lille qui souhaitaient poursuivre le travail engagé depuis 1993 dans le cadre de celle-ci, après leur séparation d’avec l’Institut du Champ freudien. Ses enseignants, membres de l’Association pour l’Étude de la Psychanalyse et de son Histoire et, pour la plupart, du Collège de psychanalystes – ALEPH, sont orientés par l’enseignement de Lacan et la lecture de Freud. Savoirs et clinique est une association indépendante de tout groupe analytique, mais elle contribue à la formation psychopathologique, théorique et clinique des membres du Collège de psychanalystes – ALEPH. La parution du récent décret (décret n° 2010 - 534 du 20 mai 2010 paru au JOFF n° 0117) pour le titre de psychothérapeute nous incite à resserrer encore davantage nos efforts pour la transmission de la psychanalyse pure et appliquée.
Sa structure lui permet une ouverture accrue sur d’autres champs du savoir (psychiatrique, médical, scientifique, philosophique, linguistique, littéraire, artistique) et des échanges renforcés avec des praticiens de diverses orientations psychanalytiques. La qualité d’un débat scientifique y est donc une exigence constante de ses enseignants.
Savoirs et clinique offre, dans le cadre de la formation permanente, de la formation médicale continue ou à titre personnel, des enseignements qui s’adressent aussi bien aux travailleurs de la Santé mentale, psychiatres, médecins, psychologues, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens, assistants sociaux et infirmiers qu’aux psychanalystes, aux psychothérapeutes, aux enseignants et aux étudiants intéressés par le savoir psychanalytique. Ces enseignements, s’ils sont absolument nécessaires à la formation des analystes, n’habilitent pas à eux seuls à l’exercice de la psychanalyse et ne délivrent ni titre ni diplôme. Une attestation d’études cliniques est remise aux participants à la fin de chaque session.
Notre but est de faire face à la complexité réelle de la clinique, sans la voiler par l’opacité des concepts ou la confusion d’un faux savoir. Notre méthode est celle d’un aller-retour, du cas au concept, et du concept au cas.
Dans les «présentations cliniques» lors desquelles la parole est donnée à un patient, nous allons du cas au concept. Après l’entretien, mené par un psychanalyste, le cas du sujet est minutieusement construit, le fil de l’histoire est reconstitué, avec ses épisodes aigus et ses temps morts. Le symptôme du sujet, articulé dans ses propres mots, s’en dégage souvent avec une netteté qui surprend. Il donne sa cohérence formelle à une existence parfois chaotique ou errante. La logique des passages à l’acte, leur liaison à un éventuel délire s’articule au diagnostic de structure, toujours discuté à partir d’hypothèses contradictoires. Il arrive alors qu’on saisisse là, en direct, la force d’un concept qui, à la seule lecture, vous échappait depuis toujours.
Les ateliers réalisent un retour du concept au cas. Ils mettent en effet à l’épreuve de la transmission du cas clinique la capacité de nos concepts à saisir le réel.
Dans les ateliers qui accompagnent les présentations, qui sont particulièrement précieux pour les nouveaux participants, les enseignants introduisent les concepts fondamentaux qui permettent de saisir ce qui se passe lors de la présentation. Dans les ateliers sur l’enfant et la prévention du suicide, des participants exposent en atelier des cas de leur pratique, souvent institutionnelle, avec des enfants, des adolescents ou des adultes. L’enseignant commente, les autres participants évoquent leur propre expérience et discutent. D’importants articles de la clinique psychanalytique ou psychiatrique servent de contrepoint aux exposés de cas. Par l’intermédiaire d’une lecture, on soumet à une approche comparatiste diverses façons d’aborder un thème clinique: celles qu’amènent les participants, issues de leurs études ou de leur pratique, et celles qu’oriente l’enseignement de la psychanalyse depuis Freud. Ainsi peut s’ébaucher un dialogue entre des personnes parlant, au départ, à partir d’expériences différentes.
Les séminaires théoriques sont le cadre d’une élaboration approfondie, historique et raisonnée, des concepts analytiques. Ceux-ci sont confrontés à l’actualité, et réévalués en fonction des grands problèmes contemporains qu’ils permettent de cerner.
Les conférences «Grandes références», organisées conjointement avec le Collège de psychanalystes et ALEPH, complètent le triptyque clinique, pratique, théorique sur lequel repose la formation. Elles sont l’occasion d’écouter un auteur, un chercheur ou un psychanalyste nous parler de ses travaux originaux. Elles sont suivies d’un débat avec le public.
La 18ème session de Savoirs et clinique, organisée entre octobre 2018 et juin 2019, sur le thème « L’obstacle – Le désir et son inhibition » comprend l’ensemble suivant : six samedis dans l’année, comprenant un séminaire théorique, trois conférences « Grandes références », deux présentations cliniques adultes précédées de leur atelier respectif et les soirées du lundi, du mardi, ou du mercredi, huit par atelier : un atelier sur l’enfant dont le thème sera «–L’obstacle du langage et l’entrée dans la psychose » ; deux ateliers « Lacan pour débutants » qui s’adressent particulièrement aux étudiants débutant dans la lecture de Lacan ; l’un étudiera le séminaire IV et l’autre le séminaire X ; une troisième présentation clinique (enfants, adolescents) accompagnée de son atelier a lieu le lundi matin.
Les soirées sur la prévention du risque suicidaire se poursuivront aussi un mercredi soir par mois en 2018-2019. On peut participer à un seul atelier se déroulant en soirée, indépendamment de l’ensemble précédemment décrit. Chaque participant peut choisir les enseignements qui l’intéressent (cf. encart au milieu de la brochure). La formation est agréée par la formation médicale continue.
Un stage de deux journées intitulé « Lire Lacan - Le séminaire X, L’angoisse» permettra d’étudier un certain nombre de concepts psychanalytiques indispensables à l’écoute de la présentation clinique. Il peut être suivi indépendamment du reste de la formation mais il est obligatoire pour assister aux présentations.
Certains des travaux élaborés par les participants, avec l’aide des enseignants, dans le cadre des ateliers et des présentations cliniques, seront publiés dans la Revue Savoirs et clinique, dont les premiers numéros, L’enfant-objet (mars 2002), Premières amours (mars 2003), Effroi, peur et angoisse (octobre 2003), L’enfant devant la loi (mars 2004), Mourir… Un peu… Beaucoup. Clinique du suicide II, Transferts littéraires (octobre 2005), Art et psychanalyse (octobre 2006), L’écriture et l’extase (octobre 2007), Sexe, amour et crime (octobre 2008), Le corps à la mode ou les images du corps dans la psychanalyse (mars 2009), Ces enfants qui ne jouent pas le jeu (octobre 2009), Freud et l’image (octobre 2010), De bouche à oreille – Psychanalyse des comportements alimentaires et des addictions (mars 2011), Psychanalyse et psychiatrie (octobre 2011), Dessins de lettres – psychanalyse, littérature, cinéma, théâtre (mars 2012), Jacques Lacan, matérialiste. Le symptôme dans la psychanalyse, les Lettres et la politique (mars 2013), Transferts cinéphiles. Le cinéma latino-américain et la psychanalyse (octobre 2014), Jeux d’enfant (mars 2015), Jeunes, de l’avenir à la dérive? un défi pour la psychanalyse (octobre 2016), Au revoir tristesses ! Psychanalyse des dépressions et des mélancolies individuelles et collectives (mars 2016), Sexe, savoir et pouvoir (mars 2017), Qu’est-ce qui nous arrive ? Aperçus psychanalytiques du politique (octobre 2017) parus aux éditions Érès, ont été offerts aux participants. Le n° 24, Ambitions pour l’enfant – L’ambition des enfants paraîtra en octobre 2018.